Ancienne République Yougoslave, suite et fin

Mon dernier pays de l’ancienne république de Yougoslavie a un nom encore à approuver lors d’un prochain référendum, peut-être « Macédoine du Nord ». Les Grecs s’opposent à ce que le pays s’appelle Macédoine tout court et cela bloque son entrée éventuelle dans l’UE et l’OTAN. Je ne fais qu’y passer, avec le regard de celui qui veut dénicher les différences et les similitudes avec les autres pays de l’ancienne République yougoslave.

Mon plan initial était  de descendre plein nord depuis Prizren (Kosovo) pour le Parc National de Mavrovo, dont j’ai lu qu’il était le joyau de la région. La veille de mon départ, je commence à douter de l’existence d’un point de passage officiel entre les deux pays à cet endroit et personne ne semble pouvoir me renseigner. Sur google maps, ça passe à pied, mais pas en voiture. En voiture, il faut passer par un autre endroit, qui ajoute 62 kilomètres entre les deux points. Les deux routes divergent complètement, pas moyen de bifurquer au dernier moment devant une voie sans issue. Un peu trop habitué des déconvenues les jours précédents, je fais le choix de raison, celui de l’itinéraire le plus long, d’autant que celui-ci me fait passer par le parc national des monts Šar côté Kosovo.

Malheureusement, entre Šar et Mavrovo, je ne vois pas grand-chose, c’est de la route montagneuse plus ou moins escarpée, mais sans point de vue exceptionnel. Pour vraiment en profiter, il m’aurait fallu laisser mon vélo et randonner un peu.

Arrivé à Mavrovo même, ce n’est pas beaucoup plus inoubliable (hormis la montée à bout de bras de plusieurs kilomètres). Le Lac est artificiel et son seul intérêt est la petite église semi-immergée.

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Ohrid en revanche me charme. Avec sa forteresse et sa promenade le long du lac, c’est une ville où il fait bon ne rien faire et où je me repose une journée.

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En quittant Ohrid, je monte à plus de 1500 mètres pour surplomber le lac et apercevoir la côte albanaise toute proche, avant de me retrouver face à l’autre gros lac, lui complètement exempt d’infrastructures touristiques (ou quelques belles ruines idéales pour du camping sauvage), celui de Prespa.

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De là, je prends la direction de Bitola, dernière ville de mon périple en ex-Yougoslavie. Mon hôte, Goce, m’accueille dans la maison où vécurent ses grands-parents, avec mobilier d’époque, une vraie plongée dans le passé. Sur la place de l’horloge, on discute un peu, on boit de la bière et je mange mon dernier cevapi (le meilleur). Le lendemain, après m’avoir préparé un déjeuner gargantuesque, Goce mettra dans mes sacoches de quoi manger pendant 3 semaines, puis m’accompagnera jusqu’à la sortie de la ville, non sans m’avoir donné de nombreuses recommandations sur mon itinéraire en Grèce (que je suivrai avec rigueur).

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Goce it was super nice meeting you !

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Sur mon trajet en Macédoine et plus tard en Grèce, à plusieurs reprises, je croise de dangereux reptiles qui traversent les routes nonchalamment.

Avec mon départ de Macédoine, mon aventure en ex-Yougoslavie arrive à son terme. Avant de partir, quelqu’un m’a dit qu’il allait voter contre le nouveau nom du pays, simplement parce qu’il ne voulait pas que celui-ci rentre dans l’OTAN, et qu’en cas de guerre, il irait en Belgique. Les habitants des pays de l’ancienne république n’ont pas l’air très optimistes quant à leur avenir. Il y a une forte défiance envers le pouvoir politique et beaucoup d’allégations de corruption. Je suis passé en vélo comme simple voyageur et ne suis pas expert de la région, mais je n’ai pas eu l’impression qu’un processus de réconciliation était à l’oeuvre.

Je garde de très nombreux souvenirs. Les lacs de Plitvice, la base aérienne abandonnée, le parc de l’Una, Jajce, Sarajevo, le Durmitor pour les yeux, les cevapi et autres gyros pour les papilles, et pour l’atmosphère, les bars où tout le monde fume, la coupe de cheveux rasé sur les côtés qui semble être la seule acceptable pour les hommes, l’accueil chaleureux et les innombrables papillons qui m’ont accompagné sur la route.

Un gros regret pour les routes qui sont souillées, à peu près partout, par d’innombrables détritus.

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J’ai beaucoup aimé ma traversée, appris beaucoup de choses, surtout une fois sorti des lieux touristiques. Ce n’est pas (encore) une destination touristique mais une destination de rencontres et de découvertes. Je veux remercier vivement Tode pour toutes les indications qu’il m’a données. Hvala !

Le trajet

Samedi 4 Août

Total distance: 68.72 km
Total climbing: 1220 m

Dimanche 5 Août

Total distance: 106.27 km
Total climbing: 853 m

Lundi 6 Août

Repos

Mardi 7 Août

Total distance: 97.59 km
Total climbing: 1659 m

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